1. Home
  2. Statut marchand de biens : tout comprendre pour se lancer

Statut marchand de biens : tout comprendre pour se lancer

L'investissement immobilier attire de plus en plus d'entrepreneurs désireux de transformer leur passion pour la pierre en activité lucrative. Parmi les différentes stratégies d'investissement, le statut marchand de biens représente une opportunité unique de générer des profits substantiels tout en participant activement à la valorisation du patrimoine immobilier français. Mais attention, cette activité ne s'improvise pas et nécessite une compréhension approfondie de ses spécificités juridiques, fiscales et réglementaires.

bien comprendre

Qu'est-ce que le statut marchand de biens ?

Le statut marchand de biens constitue le cadre légal indispensable pour exercer l'activité d'achat-revente immobilier de manière professionnelle. Cette profession, souvent méconnue du grand public, joue pourtant un rôle essentiel dans la dynamisation du marché immobilier et la réhabilitation du parc immobilier ancien.

Définition et périmètre d'activité

Un marchand de biens est un professionnel qui achète des biens immobiliers dans l'intention de les revendre, avec ou sans travaux de rénovation. Cette activité commerciale se distingue par son caractère habituel et spéculatif. Concrètement, nous parlons d'opérations d'achat-revente réalisées dans un but lucratif, où le bien immobilier devient une marchandise à valoriser.

Le périmètre d'activité du marchand de biens englobe plusieurs types d'opérations :

  • L'achat et la revente d'immeubles entiers ou de lots
  • La division d'immeubles en plusieurs lots (appartements, locaux commerciaux)
  • La rénovation et la transformation de biens pour augmenter leur valeur
  • L'achat de terrains pour les revendre avec ou sans viabilisation
  • La vente d'immeubles en l'état futur d'achèvement (VEFA) dans certains cas
Entrons en contact

Passez à la vitesse supérieure.

Conditions pour obtenir le statut de marchand de biens

L'obtention du statut de marchand de biens ne relève pas du hasard. L'administration fiscale et les tribunaux ont établi des critères précis pour qualifier cette activité professionnelle et la distinguer des opérations immobilières occasionnelles réalisées par des particuliers.

Critères d'exercice habituel et intention spéculative

L'exercice habituel constitue le premier critère déterminant. Nous ne parlons pas ici d'une vente isolée de sa résidence principale, mais bien d'opérations répétées dans le temps. La jurisprudence considère généralement qu'à partir de deux opérations d'achat-revente sur une période relativement courte, l'activité peut être qualifiée d'habituelle.

L'intention spéculative, elle, se manifeste dès l'acquisition du bien. Le marchand de biens achète dans le but de revendre, et non pour son usage personnel ou pour percevoir des loyers. Cette intention doit être démontrée par des éléments concrets : durée de détention courte (généralement moins de 5 ans), travaux de valorisation entrepris, recherche active d'acquéreurs...

Obligations d'inscription

Une fois ces critères réunis, l'inscription devient obligatoire. Le marchand de biens doit impérativement s'immatriculer au Registre du Commerce et des Sociétés (RCS) avant de débuter son activité. Cette démarche officialise son statut professionnel et lui permet d'exercer en toute légalité.

L'inscription nécessite de choisir un code APE spécifique (généralement 6810Z pour les activités immobilières) et de déclarer son activité auprès du Centre de Formalités des Entreprises compétent. Cette étape administrative, bien que parfois perçue comme contraignante, offre une protection juridique essentielle et permet de bénéficier du régime fiscal avantageux réservé aux professionnels.

Choisir la structure juridique adaptée à l'activité de marchand de biens

Le choix de la structure juridique représente une décision stratégique majeure pour tout marchand de biens. Cette décision impacte directement la fiscalité, la responsabilité personnelle et les possibilités de développement de l'activité.

Structure

Responsabilité & Régime fiscal / social(fiscalité, statut du dirigeant)

Rémunération / Points forts

Principaux inconvénients

Entreprise Individuelle (EI)

Patrimoine pro/perso séparé ; BIC à l’IR (micro ou réel) – option IS possible ; dirigeant TNS

Bénéfice = revenu ; formalités minimes, grande souplesse de trésorerie

IR jusqu’à 45 %; pas d’assurance-chômage ; plafond micro ≈ 191 k€ ; accès au financement plus ardu

EURL

Responsabilité limitée aux apports ; IR par défaut (option IS) ; gérant associé unique TNS

Salaire déductible, cotisations modérées ; fiscalité modulable IR/IS

Couverture sociale restreinte ; cotisations sur dividendes > 10 % du capital ; formalisme sociétaire

SARL

Responsabilité limitée ; IS (option IR 5 ans ou SARL de famille) ; gérant majoritaire TNS / minoritaire assimilé-salarié

Régime TNS économique pour gérant maj. ; cadre juridique rassurant pour les banques

Moins flexible que SAS ; charges lourdes si gérant assimilé-salarié ; statuts très encadrés

SAS / SASU

Responsabilité limitée ; IS (option IR 5 ans) ; président assimilé-salarié (régime général)

Dividendes soumis uniquement au PFU 30 % (pas de cot. sociales) ; liberté statutaire ; attractive pour investisseurs

Cotisations salariales élevées (≈ 60-70 % du net) ; statuts complexes ; commissaire aux apports possible

SCCV (SCI construction-vente)

Responsabilité indéfinie non solidaire ; IR transparent ; gérant assimilé TNS si rémunéré

Pas de double imposition ; parfaite pour opérations de construction-revente

Réservée à la vente (location interdite) ; min. 2 associés ; responsabilité patrimoniale engagée

SNC

Responsabilité illimitée & solidaire ; IR (option IS) ; gérant TNS

Ultra-souple, crédibilise auprès des banques (garantie illimitée)

Risque patrimonial maximal ; cession de parts difficile ; forme rare chez les marchands de biens

Régime fiscal et obligations comptables du marchand de biens

La fiscalité du marchand de biens présente des particularités avantageuses qui justifient pleinement la professionnalisation de cette activité. Comprendre ces mécanismes permet d'optimiser sa rentabilité tout en respectant ses obligations légales.

Imposition des bénéfices

Les bénéfices réalisés par le marchand de biens relèvent des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC). Selon la structure juridique choisie, l'imposition s'effectue soit à l'Impôt sur le Revenu (IR) soit à l'Impôt sur les Sociétés (IS). L'IS, avec son taux fixe, devient souvent plus avantageux dès que les bénéfices dépassent certains seuils.

La plus-value réalisée sur chaque opération se calcule en déduisant du prix de vente l'ensemble des coûts : prix d'acquisition, frais de notaire, travaux, frais financiers, honoraires divers... Cette approche globale permet de minimiser légalement la base imposable.

Régime d’imposition

Structures concernées

Base imposable (BIC)

Taux / barème 2025

Seuils et points-clés

⚡ Avantages

🚧 Points de vigilance

Micro-BIC (IR)

EI, EURL à l’IR

Chiffre d’affaires – abattement forfaitaire 71 % (commerce/achat-revente)

Barème progressif de l’IR (0 % → 45 %)

CA HT ≤ 188 700 € (achat-revente) ; pas de déduction de charges réelles

Formalités ultra-légères, pas de bilan, versement libératoire optionnel

Plafond de CA vite atteint ; l’abattement peut être moins favorable qu’une déduction au réel ; IR peut monter à 45 %

Réel simplifié / normal (IR)

EI, EURL/SARL « de famille », SNC

Bénéfice comptable = Prix de vente – (prix d’acquisition + notaire + travaux + frais financiers intercalaires + honoraires, etc.)

Barème IR (0 % → 45 %)

Aucune limite de CA ; option possible pour les sociétés translucides

Déduction intégrale des coûts (travaux, intérêts d’emprunt, amortissements) : base imposable optimisée ; déficits imputables sur revenus du foyer

Comptabilité complète ; imposition immédiate dans la sphère personnelle → pas de mise en réserve en société ; progression IR et prélèvements sociaux (17,2 %) alourdissent la facture dès 60–70 k€ de bénéfice pour un célibataire

IS (taux réduit + taux normal)

EURL, SARL, SAS/SASU (option possible pour EI)

Résultat fiscal après charges réelles

15 % jusqu’à 42  500 € si PME CA < 10 M€ ; 25 % au-delà

Bascule attractive dès ≈ 60 k€ de bénéfice annuel (exemple : IS ≈ 10,8 k€ vs IR ≈ 11,2 k€ pour un célibataire) ; dividendes soumis au PFU 30 %

Taux plafonné, permet de capitaliser en société ; lisser les revenus ; rémunération modulable (salaire + dividendes)

Double niveau d’imposition (IS + PFU ou cot. TNS sur dividendes > 10 % du capital) ; distribution différée ; formalisme sociétaire (AG, dépôt des comptes)

Dispositifs fiscaux spécifiques

Le statut de marchand de biens ouvre droit à des avantages fiscaux substantiels. Le plus notable reste l'exonération de TVA immobilière sur les opérations d'achat-revente d'immeubles achevés depuis plus de 5 ans. Cette exonération représente une économie considérable par rapport aux particuliers.

Les droits de mutation bénéficient également d'un régime de faveur. Sous certaines conditions (engagement de revente dans les 5 ans notamment), le marchand de biens peut bénéficier d'un taux réduit de 0,715% au lieu des 5,80% habituels. Sur une acquisition de 500 000€, l'économie atteint près de 25 000€ !

La déductibilité des charges constitue un autre atout majeur. Contrairement au particulier, le marchand de biens déduit l'intégralité de ses frais professionnels : intérêts d'emprunt, assurances, frais de déplacement, honoraires d'architecte...

la force d'une expertise

Brykli vous accompagne pour la création de votre statut

Brykli vous accompagne pas à pas dans la création de votre statut, en toute simplicité.

  • Des experts marchand de biens
  • Un réseau d'entre aide
  • Facile à mettre en place
Entrons en contact

Passez à la vitesse supérieure dans votre activité.